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Une vache doit être belle à voir

L'Alsace 23/03/2017

Émilie Pfauwadel était finaliste haut-rhinoise du concours de jugement des vaches prim’holstein. À 17 ans, cette élève du lycée de Rouffach a décroché la quatrième place au concours national, au Salon de l’agriculture à Paris.

Émilie Pfauwadel, 17 ans, souhaite devenir pointeuse professionnelle. Photo L’Alsace Emilie Pfauwadel, 17 ans, finaliste à Paris.


Au total, 1900 pointeurs venant de tous les lycées agricoles de France se sont affrontés lors des différents concours organisés dans l’Hexagone. Au concours départemental de jugement des vaches, à la foire Simon et Jude de Habsheim, sur 30 jeunes Haut-Rhinois, trois ont été primés et deux ont été sélectionnés pour la finale nationale, au Salon de l’agriculture à Paris : Émilie Pfauwadel et Laurent Schoepfer. Tous deux proviennent du lycée de Rouffach.

Première expérience au Gaec de Wittelsheim

Au concours général agricole à Paris, début mars, il ne restait que 83 candidats pour l’ensemble du pays. Finalement, six ont été primés et parmi eux, l’unique jeune fille, Émilie Pfauwadel, s’est classée 4e.
Une performance pour cette jeune femme de 17 ans qui a découvert le pointage des vaches en classe de sciences et technologie de l’agronomie et du vivant, au lycée agricole Les sillons de Haute Alsace, de Rouffach.
« Je suis en option élevage, où j’ai pris goût au pointage des vaches. C’est ma professeure de zootechnique, Élodie Pinhero, qui m’a incitée à m’inscrire à ce difficile concours », dit Émilie. Elle souligne qu’elle aime les vaches depuis toujours, son père, Denis Pfauwadel étant éleveur : c’est lui qui exploite la ferme du Lerchenbourg à Wattwiller.
Pointer les vaches « signifie juger l’apparence morphologique d’une vache, d’une génisse ou d’une vache en première ou en deuxième lactation après le veau, indique-t-elle. J’ai pu me familiariser avec les vaches prim’holstein, qui sont des laitières, au Gaec de Wittelsheim ». Là, précise la jeune pointeuse, « Mathieu Rohrbach, un des associés, chargé du troupeau, m’a beaucoup aidée et m’a fait profiter de son expérience. Tout comme l’inséminateur Armand Mathieu, qui est en quelque sorte le “Jacques Martin” dans les concours : il sait décrire les animaux, il sait en parler et il montre ainsi l’intérêt des finales ».
Mais, d’une manière générale, Émilie Pfauwadel a trouvé à Wittelsheim « des éleveurs passionnés : Mathieu, Laurent, Michel ou Sylvain et même Jackys, qui a de la bouteille et qui a déjà suivi des concours. Pour produire du lait, il faut des gens qui aiment ce qu’ils font parce que le métier est dur et prenant ».

« Parler au micro devant des centaines de personnes »

Au concours du Salon de l’agriculture, les candidats avaient cinq minutes pour décrire huit vaches : « Il fallait parler au micro devant des centaines de personnes, je n’ai pas l’habitude de parler en public, c’était très stressant » , se souvient Émilie.
Mais entre-temps, le stress est retombé et Émilie concourra à nouveau l’an prochain, car elle souhaite devenir pointeuse professionnelle.

Les canons de la race prim’holstein

Émilie Pfauwadel aime bien ce concours de beauté où il faut pointer, c’est-à-dire donner des points à des vaches.
Pour être bien notée, la vache prim’holstein « doit rentrer dans les canons de la race » , dit Émilie. « Nous observons d’abord la mamelle, la profondeur du sillon entre les trayons et l’écart entre les pis. La mamelle doit être au-dessus du jarret. L’implantation des trayons est importante et leur forme doit être en bouchon de bouteille de vin. Nous regardons aussi la hauteur du sacrum, cet os qui semble dépasser du dos, la largeur de la poitrine, les pattes avant, la profondeur du corps, la finesse et l’inclinaison des côtes, la largeur du bassin, l’angle du jarret qui doit être coudé, l’angle du pied et la droiture des membres arrières ».
Tous ces critères en font une bonne laitière : « La vache doit être belle à voir ». Et dans la famille d’Émilie, on aime la beauté : sa maman, Éliane Haegelin, a été reine des vins d’Alsace.

L’Alsace 23/03/2017